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22 mai 2007    Sur l\'Art   

Publié par Laurent Neyssensas

Le nouveau monde. Une exploration de l’appartement de Yona Friedman

Le travail de Camille Henrot interroge la création et a pour champ d’action les arts qui, tel le cinéma, la musique ou l’architecture, existent à la fois comme industrie et artisanat. Camille Henrot explore dans ces domaines les possibilités de glissement et de fertilisation réciproques.

Ce nouveau monde auquel fait référence le titre de l’exposition est celui que constitue pour l’artiste l’appartement de Yona Friedman. Yona Friedman, artiste, architecte visionnaire, urbaniste s’atèle à construire des ” utopies réalisables”. L’exposition de Camille Henrot met en scène le fruit de son exploration dans l’appartement de Yona Friedman en proposant une déconstruction de cet espace et une réflexion sur les temporalités qui s’y trouvent rassemblées.

L’appartement de Yona Friedman est perçu comme un espace abstrait et symbolique dans lequel les lois de la pesanteur et de la perspective ne semblent plus s’appliquer. De ce fait, le travail se déploie comme une archéologie de la représentation à la recherche de la possible survivance d’une esthétique et d’une pensée primitive dans le monde d’aujourd’hui. L’appartement de Yona est une utopie réalisée, anticipant un futur qui n’implique par la destruction du passé mais vient se superposer à lui. Ce principe de superposition est celui proposé par le livre, qui témoigne des échanges sur ce projet entre Yona Friedman et Camille Henrot, rassemblant photographies et fax échangés. Le processus de fabrication du livre s’est fait par couches, chacun ayant peu à peu superposé un calque de dessins et commentaires sur la maquette initiale .

Au rez de chaussée, accrochés très haut sur les murs ainsi qu’au plafond sont installés des photos et sérigraphies assemblées en « module»  dont l’épaisseur semble soutenir l’architecture du lieu. Les photographies révèlent en très grands formats des compostions et perspectives inattendues. Le cadrage, très serré et hasardeux laisse surtout exister le hors champs: ces fragments semblent ainsi appartenir à un espace impossible à représenter. Des échelles rayées aux barreaux irréguliers forment une installation “à pratiquer” qui donne accès à ces images suspendues. Ces échelles rappellent à la fois l’architecture spatiale, solution concrète proposée par Yona Friedman pour l’agrandissement des villes et la maison cosmique des indiens Opis décrite par Aby Warburg. Au fond de la salle des assiettes peintes dont certaines ont été fracturée évoquent le temps à travers un mouvement circulaire.Ainsi s’organise le découpage de la réalité du monde en cadrages chaotiques et formes primitives géométriques.

A l’étage, le « Film spatial»  propose une visite subjective de l’appartement à travers un point de vu flottant, qui pourrait bien être celui du chien, Baltkis, personnage clé de l’univers de Yona Friedman. En face de l’écran de projection, un écran de la même taille retrace le trajet erratique de la caméra dans l’appartement sous la forme d’un schéma. Les deux représentations, celle subjective du film et celle schématique du plan se répondent. Au pied de la projection un tapis bicolore constitué de motifs architecturaux (Villa Savoie, Empire State Building, tour Petronas, Arche de la Défense, etc.) invite le visiteur à se reposer de son périple.

L’exposition est présentée dans une première version à saint Cyprien (du 18 mai au 30 sept. 2007), puis à Bordeaux (à partir d’octobre 2007) dans une version remaniée.

L’exposition se développe sur deux étages de 200 m2 chacun. Un catalogue est coédité avec Kamel Mennour éditions et Paris Musées, 140 pages env.

Collections de Saint-Cyprien Place Desnoyer B.P. Mairie 66750 Saint-Cyprien Entrée libre

Source : Art Info & Collection de Saint Cyprien Statut : Article Augmenté

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